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Historique

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Les 75 ans de Novalis : regards sur son histoire

Introduction

« La maison d’édition Novalis [...] a été marquée dès l’origine par la simplicité, la créativité et l’audace. Simplicité des moyens et du langage, pour atteindre les gens ordinaires de chez nous; créativité dans la recherche des besoins et l’éventail des instruments; audace dans la mise en marché et le déploiement publicitaire. » Fondée comme un service, Novalis a toujours cherché à conserver un équilibre entre la pastorale et les affaires : comment réussir à répondre, par le moyen de l’édition, aux besoins pastoraux du peuple de Dieu, tout en générant assez de bénéfices grâce à certains produits pour pouvoir en financer d’autres qui ne feraient pas leurs frais? C’est le défi qu’a su relever Novalis depuis 75 ans.

La fondation du Centre Catholique, devenu Novalis, s’explique par la rencontre d’un homme, le père André Guay, o.m.i., et d’un mouvement, l’Action catholique. André Guay est né le 25 novembre 1905 à Ville-Marie (Témiscamingue, Québec). Après des études primaires dans sa ville natale, il va étudier au juniorat oblat d’Ottawa, avant de faire son noviciat à Ville La Salle. De retour à Ottawa, il sort de l’Université avec deux licences, philosophie et théologie. Le 8 décembre 1929, il est ordonné prêtre à Ville-Marie. Sa première obédience est pour le noviciat de Chambly, encore en construction, où il est professeur. Là, il collabore avec le père Henri Roy à la fondation de la première section canadienne de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC), le 23 décembre 1930. Les années qui suivent sont partagées entre les cours et l’Action catholique.

En juillet 1933, le père Guay est nommé à l’Université d’Ottawa, comme professeur et également comme étudiant en droit canonique (il obtient son doctorat vers 1940). Il ne néglige pas l’Action catholique; il fonde la première section de la Jeunesse étudiante catholique féminine (JECF) au Canada (Couvent Rideau, 15 août 1934) et la deuxième section de la Jeunesse étudiante catholique (JEC, Université d’Ottawa, 8 décembre 1934).

Depuis 1931, l’Université s’occupait des victimes de la crise économique. L’Aide aux Chômeurs leur offrait un lieu de rencontre où on tentait de combler leurs besoins tant spirituels que corporels. En même temps, plusieurs pères faisaient des conférences sur l’Action catholique dans tout le diocèse d’Ottawa, qui s’étendait à l’époque des deux côtés de la rivière Outaouais. L’Université était ainsi devenue un centre de culture religieuse populaire. Le 8 décembre 1935, une impressionnante manifestation de la JEC remuait tous ceux qui y assistaient, recteur compris. Le père Guay en profita alors pour soumettre à celui-ci, en fin de soirée, le projet d’un Centre Catholique. Il le conçoit « comme une sorte de laboratoire où des prêtres et des laïcs étudient ensemble les problèmes actuels de l’Église et leur cherchent des solutions à la fois pratiques et applicables aux masses » . Ce serait une institution d’éducation permanente, qui permettrait à l’Université d’étendre son rayonnement en atteignant des personnes qu’elle ne pourrait rejoindre autrement. Le recteur accepte : c’est le début de l’aventure de Novalis.

Stabilité inventive
Première période : 1935-1960

1 - Aperçu historique

« Le Centre Catholique de l’Université d’Ottawa est né de la constatation d’un besoin : celui du manque de lumière et de directives dans les masses populaires, sur les problèmes fondamentaux de la vie chrétienne. » Sous la direction de son fondateur, le Centre Catholique allait tenter, pendant les 25 premières années de son existence, de combler ce besoin.

Bouillonnant d’idées neuves, le père Guay ne manquait pas de projets pour répandre le message évangélique. La section suivante présentera certaines de ses réalisations les plus fructueuses. Toutes reposent sur quelques principes, que le père Guay a énumérés lui-même :

    1. Ne pas être un mouvement, ne pas créer des cadres ou des « sections » un peu partout, mais utiliser les organismes existants en leur fournissant des instruments, de même qu’aux prêtres et aux laïcs, pour que ceux-ci soient mieux équipés dans leur apostolat...
    2. Donner une forme concrète et pratique aux vœux des sessions et congrès... prêter une oreille attentive aux désirs manifestés dans les documents du Souverain Pontife et des Évêques, mettre ces vœux et directives à l’étude avec beaucoup d’imagination, en se demandant comment aboutir à leur réalisation concrète.
    3. Garder son apostolat tourné vers la masse... en conséquence, établir les prix les plus bas possibles. Ne jamais faire du Centre une entreprise commerciale mais d’abord un laboratoire d’essai, puis, si l’essai se révèle prometteur, passer à l’étape suivante : la grande production.

Le biographe du fondateur, formulant ces principes un peu différemment, les présente ainsi : la créativité est « l’assemblage heureux et jamais encore réalisé d’idées non essentiellement reliées »; il faut tout de suite « mettre des pattes » aux idées, c’est-à-dire les mettre en voie de réalisation; avoir la hantise des masses .

Le père Guay est secondé par une vaste équipe où prêtres et laïcs collaborent de près, ce qui est relativement peu courant à l’époque. À la fin des années 50, plus de 75 personnes travaillent au Centre et au premier bureau de Montréal (1952-1961). Parmi bien des noms, il faut souligner celui de William O’Meara, qui arrive au Centre en 1945 du Collège St. Patrick, où il était professeur d’anglais. Il mettra sa compétence dans la langue de Shakespeare au service du père Guay et du Centre Catholique, entre autre en prenant la charge du Living with Christ et en traduisant les cours de préparation au mariage. Il demeure au service de Novalis jusqu’à son décès, le 20 février 1987. Il faut également mentionner le rôle des Équipières sociales, institut séculier fondé par le père et Jeannette Bertrand. Elles collaboreront au Centre de 1939 à 1948; suite à un malentendu, elles se retirent de l’œuvre et cessent toutes relations avec le père Guay. Ce n’est que 15 ans plus tard que les liens se recréent.

Pour loger une telle équipe, des locaux appropriés sont nécessaires. C’est ainsi qu’après avoir connu le sous-sol du Musée de l’Université d’Ottawa et l’étroitesse d’une maison au 125, rue Wilbrod, le Centre aménage en 1948 dans les premiers locaux conçus pour lui, au 1, rue Stewart, au coin de Waller. Une véritable imprimerie est en même temps mise sur pied, qui sera vendue au journal Le Droit en 1954.

Le Centre Catholique incorpore à ses services deux autres projets du père Guay. L’École d’Action catholique, fondée en 1935, est d’abord sous la direction du père Gustave Sauvé; le père Guay, lui succédant, intègre petit à petit les activités de l’École à celles du Centre jusqu’a la disparition de l’école, au début des années 50. En 1939 avait été fondé à l’Université le Centre Social, ‘destiné à reprendre, et avec les mêmes techniques, mais sur le terrain social, l’effort du Centre Catholique sur le terrain religieux »; le Centre social devient un service du Centre Catholique en 1956, prenant le nom de Service d’éducation sociale.

2 - Réponse aux besoins pastoraux

Il serait trop long de présenter en détail chacun des projets du Centre Catholique pendant ses 25 premières années. Nous en avons choisi quatre qui montrent bien comment le père Guay et son équipe demeurent à l’affût des besoins pastoraux de leur époque et comment ils savent trouver des moyens concrets et originaux pour y répondre, tout en respectant les principes fondamentaux énoncés par le fondateur.

Le premier projet d’envergure du Centre Catholique répondait à un des vœux d’un congrès d’Action catholique tenu à Ottawa en 1935. On avait alors souhaité que chaque fidèle puisse assister à la messe « missel en main », afin de mieux comprendre ce qui s’y déroule. Le père Guay connaît le feuillet publié en Autriche depuis 1928 par dom Pius Parsch, l’un des artisans du mouvement de réforme liturgique. Ce bulletin fournissait aux fidèles le texte de la messe dans leur langue. Le père Guay adapte ce bulletin aux besoins locaux et le fait vendre à la porte des églises, le dimanche matin, par des chômeurs, au prix d’un cent. C’est ainsi que naît Prie avec l’Église, le 7 juin 1936 . Le 1er novembre suivant, Prie avec l’Église inaugure une présentation qui demeurera la sienne pendant plusieurs années : imprimé par l’Imprimerie Leclerc, à Hull, il arbore en page couverture une illustration (un dessin pendant deux ans, puis une photo) et, en page 2, un billet de réflexion (signé Ton ami sincère) rédigé par le père Guay pendant 24 ans. Dès décembre 1936, une édition en langue anglaise est lancée, Pray with the Church (renommée Living with Christ en 1948). Le Prie avec l’Église connaît également pendant quelques années une édition selon le rit dominicain, ainsi qu’une version pour les enfants, le Petit Prie avec l’Église, rédigé par le père Marcel Mongeau de 1947 à 1957, dont jusqu’à 10 000 exemplaires seront diffusés en 75 paroisses; des difficultés de distribution mettent fin à ses jours. Le Prie avec l’Église répond à un réel besoin, ainsi que l’indiquent les chiffres du tirage : juin 1936, 1 000; octobre 1936, 10 000 (Noël, 25 000); vers 1940, 45 000; en 1960, 200 000 (tirage combiné des éditions française, anglaise, dominicaine).

En bon oblat, le père Guay s’adonne au ministère de la prédication, ce qui lui permet de saisir les attentes des fidèles, attentes pas toujours comblées. Le Centre lance alors le Service de l’homilétique, afin d’offrir aux prédicateurs des plans d’homélie (et non pas de sermons, idée audacieuse pour l’époque encore marquée par la réforme tridentine) inspirés par les lectures du jour. La publication a commencé en 1940, lors de quelques célébrations spéciales de l’année liturgique (dimanche des Missions, Immaculée Conception). Les 4 000 spécimens envoyés aux prêtres de paroisse provoquent 700 abonnements pour 1941, première année complète de parution; un envoi subséquent aux prêtres des collèges, hôpitaux et couvents, en amène près de 400 de plus. Quelques pères collaborent avec le père Guay avant l’arrivée du père Philippe Lemay, responsable du service pendant 19 ans (1951-1970).

Suite à l’encyclique Casti Connubii (Pie XI, 1935), l’Action catholique intensifie ses efforts sur la catéchèse du mariage chrétien. Au Canada, le mouvement culmine avec la célébration des 100 mariages jocistes, en juillet 1939, au stade Delorimier (Montréal). L’un des organisateurs, le père Albert Sanschagrin (futur provincial et évêque oblat), constatant les bienfaits d’une sérieuse préparation, fonde, comme institution permanente, les cours de préparation au mariage, et en confie la direction à la JOC; d’autres mouvements d’Action catholique et diocèses emboîtent le pas. Quelques années plus tard, la nécessité d’un manuel se fait sentir. La rédaction en est confiée au Centre Catholique qui publie une première version de 15 leçons en 1944. À la même occasion, le Centre met sur pied un service de cours de préparation au mariage par correspondance, pour répondre aux besoins des fiancés empêchés, pour une raison ou l’autre, de suivre les sessions offertes localement. La version anglaise, œuvre de William O’Meara et du père Guay, paraît l’année suivante et connaît un immense succès. En 1947, les Églises Unies et anglicanes du Canada décident d’adapter cette version et d’en faire la promotion auprès de leurs fidèles. En 1960, au départ du père Guay, les cours étaient dispensés en 16 langues dans 25 pays du monde. Les cours de préparation au mariage sont probablement le « don » le plus important du Centre Catholique à l’Église universelle.

Lors du premier congrès des communautés religieuses canadiennes, en 1954 , plusieurs religieuses déplorent le manque de formation spirituelle. Le père Guay répond en fondant l’année suivante La Voix du Centre, service de conférences sur bobines magnétiques. En 1958, le service est devenu international; il fait circuler 15 000 bobines par année (500 conférences seront disponibles dans les deux langues jusqu’à la fin du service, en 1968).

Outre ces quatre réalisations majeures, le Centre Catholique distribue par centaines de milliers des brochures liturgiques et populaires ainsi qu’un bulletin paroissial , lance d’autres cours par correspondance et publie les revues XXe siècle (1942-1949) et Foyers Heureux (1951-1968). Tout un éventail de publications, de réalisations, qui toutes portent la marque du génie du père Guay.

Bouleversements innovants
Deuxième période : 1960-1985

1 - Aperçu historique

Les années 1960 et 1970 se révèlent fertiles en bouleversements pour le monde, pour l’Église et pour la société canadienne-française. Que ce soit le concile Vatican II ou la Révolution tranquille, toutes sortes d’événements bousculent bien des habitudes et des façons de faire, et se révéler parfois l’occasion de douloureuses transitions.

Le décennie commença d’ailleurs par un coup de théâtre au Centre Catholique : le père Guay est nommé procureur général de sa congrégation à Rome . Son assistant, le père Jean Moncion, lui succède à la tête du Centre. Après lui seront nommés les pères Bernard Ménard (1964), Elzéar Béliveau (1972), Gilles Comeau (1973) et Jacques Cloutier (1978).

L’année 1962 voit l’union des deux principales imprimeries avec qui le Centre fait affaire : l’imprimerie Leclerc (qui imprime le Prie depuis les débuts) et celle du Droit (qui imprime les autres ouvrages du Centre). Grâce à la plus grande polyvalence de la nouvelle entreprise, on arrive à imprimer le Prie avec l’Église en deux couleurs.

Le 1er juillet 1965, l’Université d’Ottawa prend le nom d’Université Saint-Paul, tout en conservant ses deux chartes civile (1866) et pontificale (1889), et le gouvernement de l’Ontario crée une nouvelle Université d’Ottawa. Le Centre Catholique, ainsi que les facultés et instituts à caractère religieux, relève maintenant de l’Université Saint-Paul qui s’installe dans l’édifice « Sedes Sapientiæ » (bâti en 1958).

En 1966, la direction du Centre Catholique commande l’« enquête Giguère » en vue d’opérer une restructuration administrative, mise en œuvre au cours des années suivantes. Le Centre se met à l’heure du « management » moderne : plan quinquennal, organigrammes, calendriers d’opération, livres de politiques et procédures...

En septembre 1969, le Centre Catholique devient officiellement Novalis. Outre le fait que le nouveau nom est le même en français et en anglais, il permet de différencier la maison des nombreux « Centres Catholiques », les centres diocésains d’information mis sur pied au cours des années 1960. Mot de l’ancien latin poétique, Novalis signifie « terre fraîchement labourée, en attente de culture ».

Pendant près de 30 ans, la très grande majorité des profits du Centre avaient été réinvestis dans le développement des nouvelles facultés de l’Université d’Ottawa, puis pour financer l’Université Saint-Paul. À la fin des années 1960, ces profits vont plutôt être réinvestis dans l’œuvre, permettant, par exemple, la mise sur pied d’un service d’audio-visuel extrêmement moderne et pourvu d’un personnel nombreux, ainsi que l’achat d’un ordinateur pour traiter les abonnements. Avec toujours plus de salaires à payer et de matériel à acheter, Novalis s’achemine vers une situation monétaire périlleuse. De plus, plusieurs sources d’insatisfaction au sein du personnel causent inquiétude et remous.

Les années 1972 et 1973 sont cruciales : formation d’un syndicat, refus de l’employeur de négocier, journées d’études des employés, démarches de l’Université auprès du Droit pour trouver une nouvelle façon de fonctionner. C’est le nouveau directeur, Elzéar Béliveau, et son adjoint, Jacques L’Heureux, qui doivent trouver des moyens pour sauver l’entreprise. Finalement, le 11 avril 1973, les parties en viennent à une entente et signent une convention collective. Puis, en mai, certains employés changent d’employeur et deviennent membres du personnel du Droit, chargé de la réalisation technique (production), de la mise en marché et des relations avec la clientèle de Novalis par un contrat de service avec l’Université Saint-Paul. L’Université conserve la direction générale de l’entreprise et assure la qualité pastorale et littéraire des produits. Le père Gilles Comeau devient directeur de Novalis à l’Université Saint-Paul et Gilbert Lacasse, auparavant directeur de la mise en marché, le premier directeur du côté commercial.

À la fin de 1973, Novalis quitte le 1, rue Stewart : les employés du secteur commercial vont rejoindre leurs nouveaux confrères à l’édifice du Droit, 375, rue Rideau. Quant à l’équipe de rédaction, elle s’établit à l’Université Saint-Paul. La construction d’une nouvelle aile, en 1981, dote la bibliothèque de plus vastes locaux tout en permettant également à Novalis d’aménager dans de spacieux bureaux au sous-sol.

2 - Réponse aux besoins pastoraux

Adaptations des anciens produits

En 1961, la constitution de Vatican II sur la liturgie rend obligatoire l’homélie. Le Service de l’homilétique va sans peine adopter cette orientation qu’il préconisait depuis presque 20 ans. Dès les années 1950, il avait atteint le 4 000 exemplaires de diffusion qu’il conservera pendant une quarantaine d’années. À la fin de 1961, le secteur anglais commence la publication de Homiletic Service qui connaîtra rapidement une diffusion de 14 000 exemplaires au Canada anglais et aux États-Unis, surtout suite à l’accord de collaboration conclu en 1964 avec la Catholic Homiletic Society (Chicago). En 1967, on voit même débuter une publication similaire en langue espagnole, au Mexique, qui ne dure pas.

Le 1er janvier 1965, alors que le Concile s’achève, Prie avec l’Église devient Prions en Église. Plus qu’un changement de nom, la nouvelle appellation tient compte du cheminement théologique opéré à l’occasion du Concile, alors qu’on réalise que le peuple de Dieu en prière ne s’unit pas à l’Église, mais est l’Église. L’année suivante, le 2 octobre 1966, c’est l’apparition de l’édition complète du Prions, qui proposait les textes liturgiques des messes quotidiennes (l’édition complète de Living with Christ date de 1977). En 1968, le magazine « Objectif-Vie » (devenu « Chrétiens toutes dimensions » en février 1975) commence à paraître. Puis, avec la promulgation de la nouvelle liturgie (Avent 1969), on sent le besoin de changer la formule de la rédaction des textes d’appui de Prions. Rosario-Gilbert Lemieux, alors responsable, met sur pied des équipes de rédaction rassemblant des gens de l’extérieur de l’entreprise : pasteurs, catéchètes, théologiens, ils vont être les antennes de Novalis sur le monde extérieur et permettre aux textes d’appui à la liturgie de rester collés à la vie. À la même occasion le Service de l’homilétique devient Rassembler (janvier 1971) et propose des pistes d’homélie en lien avec les textes de Prions, puisque rédigés désormais par les mêmes équipes. C’est à cette époque que l’édition dominicale de Prions va connaître ses plus forts tirages : 650 000 en 1978.

Les cours de préparation au mariage sont régulièrement mis à jour. Ils changent de nom pour adopter ceux de Mosaic (1968) et de Projet Mariage (1970). Lors de cette révision, l’Assemblée des évêques du Québec émet le souhait qu’y soit explicitement fait référence à l’encyclique Humanæ Vitæ. Novalis décide alors de joindre un complément à la rencontre 6, comprenant deux textes des évêques canadiens sur l’encyclique. La maison continue d’offrir le cours par correspondance, répondant aux besoins de nombreux couples francophones à la grandeur du Canada et même des États-Unis.

Abandons et créations

La nouvelle situation sociale et ecclésiale se traduit, de façon bien concrète, par l’abandon de certains projets et services : La Voix du Centre en 1968, Foyers Heureux en juin 1968, le Bulletin paroissial le 15 juin 1969... Mais, pour les remplacer, certains secteurs vont naître et se développer. Par exemple, l’expansion de l’audio-visuel débute en 1967 avec Construire le monde, présenté notamment au Pavillon Chrétien de l’Exposition universelle de 1967. Mettant à profit les ressources en personnel de l’Université Saint-Paul, Novalis va produire plus d’une centaine de cassettes sur différents sujets : prière, sacrements, nouveaux ministères, pastorale, etc. Des audio-visuels d’une grande qualité vont aussi être réalisés, principalement de 1969 à 1971.

La collaboration avec les autres organismes d’Église et les maisons d’édition, principalement les maisons européennes, s’intensifie. La collection Communauté humaine, coéditée avec Fleurus, connaît au moins 8 numéros, en 1970-72; plusieurs cassettes et brochures sont produites pour le compte de la Société catholique de la Bible (SOCABI), et Novalis traduit et publie plusieurs livres à succès sur le couple et la famille en partenariat avec l’organisme Renouement conjugal. De même, depuis le Carême 1977, Novalis collabore avec la revue Vie liturgique et d’autres intervenants en pastorale liturgique pour le choix des thématiques de l’Avent et du Carême. Depuis le début des années 1980, Novalis est également l’éditeur du matériel en anglais et en français pour la Semaine de prière pour l’unité chrétienne, préparé par le Conseil canadien des Églises.

Une coopération fructueuse s’amorce en 1972 avec l’Office de catéchèse du Québec (OCQ), organisme fondé par les évêques québécois en 1961. Novalis collabore à quelques productions de l’Office dans les domaines de l’éducation de la foi des adolescents (ensembles multimédias), de l’initiation sacramentelle des enfants (confirmation), de l’éveil biblique des jeunes (bandes dessinées et histoires bibliques). Novalis publie également, à l’intention des parents, un guide de la catéchèse du primaire et du secondaire telle qu’enseignée avec les diverses publications de l’OCQ (La foi de nos enfants, 1980). De plus, pendant dix ans (1972-82), Novalis édite et distribue les documents du projet Chantier, activité de Carême visant à sensibiliser les fidèles à la pertinence sociale de la foi. De cette expérience naîtra la conviction qu’il fallait des catéchètes formés non pas uniquement à l’instruction des jeunes (pédagogie), mais également à l’éducation des adultes (andragogie). Pour répondre à ce besoin, l’OCQ prépare une série de huit cahiers sur l’andragogie religieuse, publiés par Novalis (1981-85).

Les Franco-Ontariens ne sont pas laissés pour compte. De 1977 à 1983, Novalis collabore avec l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, centre régional d’Ottawa, comme éditeur de deux séries de documents pour les écoles secondaires : un programme d’éducation morale, pour les élèves de la 9e à la 12e année, et un autre en éducation de la foi, pour les 14-15 ans et 16-18 ans.

Quelques événements importants dans l’Église et la société suscitent une gamme de produits nouveaux et d’instruments de réflexion et de préparation. L’Expo 67, outre qu’elle voit le lancement de l’audio-visuel, occasionne la publication de plusieurs livres et brochures qui connaissent une très large diffusion. Un peu plus tard, la visite au Canada du pape Jean-Paul II, en septembre 1984, est l’occasion d’une collaboration étroite avec le comité d’organisation, mandaté par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), et qui permet la réalisation, outre des livrets de participation aux célébrations liturgiques au Québec, de plusieurs instruments d’animation et de prière à l’intention des jeunes, des adultes, des groupes de prière, des paroisses, etc.

Parmi les changements post-conciliaires les plus importants qui auront des effets profonds, il faut mentionner l’implication des laïcs dans la vie ecclésiale et l’apparition de ministères nouveaux. Novalis sait encore une fois être à l’écoute des besoins. La série des Nouveaux services dans la paroisse commence par une série d’articles dans « Chrétiens toutes dimensions ». Le projet évolue ensuite pour donner naissance à des brochures réunies en trois livres (1981-1986). Du côté anglais, la série New Parish Ministries comprend également trois volumes (1984-1989).

D’ailleurs, la publication de livres va bientôt représenter un secteur important de l’activité éditoriale de Novalis. En plus de coéditer et distribuer certains titres avec des maisons françaises, Novalis achète, au début des années 1980, « Select Educational Materials », une entreprise de distribution de livres, notamment dans le domaine religieux, basée à Oakville (près de Toronto, Ontario). Cette acquisition permet à Novalis de prendre une place grandissante dans la distribution et l’édition de livres religieux en langue anglaise. Les prochaines 25 années verront Novalis croître et se transformer pour devenir le plus important éditeur religieux au Canada, dans les deux langues officielles du pays.

Croissance créatrice
Troisième période : 1985 à aujourd’hui

1 - Aperçu historique

Le 10 décembre 1985, une fête amicale réunit à l’Université Saint-Paul plusieurs centaines de personnes à l’occasion des 50 ans de Novalis. L’entreprise commence son second demi-siècle en vivant plusieurs changements corporatifs : vente des entreprises LeDroit à UniMédia (1983), entreprise bientôt rachetée par Hollinger (1987), puis autonomie de Novalis face au Droit, comme division autonome du Groupe UniMédia, et déménagement des bureaux commerciaux à Montréal (1990) et Toronto (1993). À la fin des années 1980, on assiste également à des changements majeurs à la direction, avec l’entrée en fonction de Pierre Bergeron comme directeur de Novalis-UniMédia (1987) et de Michel Maillé à Novalis-Université Saint-Paul (1989). Leur succéderont respectivement Ronald Albert (1991) et Michael O’Hearn (1993).

La maison d’éditions Bayard France, dirigée par les Assomptionnistes français, a commencé son association avec Novalis en 1987, alors qu’elle commence à publier, sous licence, une édition française de Prions en Église. Quelques années plus tard, les Assomptionnistes canadiens fondent Bayard Canada (1991), qui débute ses activités d’éditions dans le domaine des périodiques pour la jeunesse. Bayard Canada fait l’acquisition de la licence d’exploitation de la marque Novalis (secteur commercial) en octobre 2000 puis, en octobre 2008, achète la marque Novalis (secteur éditorial) de l’Université Saint-Paul. Cette transaction permet à l’Université de se concentrer sur sa mission d’enseignement et de recherche, et fait passer Novalis d’une communauté à une autre puisque, comme Bayard France est propriété de la province française des Assomptionnistes, Bayard Canada appartient à la province canadienne de la même congrégation. Quelques employés continuent de travailler à partir d’Ottawa, sur une base temporaire, mais d’autres sont relocalisés à Montréal ou Toronto, consolidant les secteurs éditoriaux et commerciaux sur le plan linguistique. Depuis 2008, la direction de Novalis est assurée par Jean-François Bouchard, secteur francophone, et Joseph Sinasac, secteur anglophone, sous la supervision de la présidente de Bayard Canada, Suzanne Spino.

2 - Réponse aux besoins pastoraux

Périodiques

Depuis les années 1980, la diminution des pratiquants de la messe dominicale s’accentue, entraînant fermetures d’églises et réaménagements pastoraux. Les périodiques liturgiques de Novalis, qui ont longtemps assuré la rentabilité de l’entreprise, ont dû s’adapter à ces nouvelles réalités, sans perdre l’esprit de service et d’innovation hérité du fondateur. Depuis 1989, une version en gros caractères de Prions, édition mensuelle, répond aux besoins d’une clientèle vieillissante. En juin 1999, l’édition dominicale de Prions passe de 32 à 40 pages, soit huit pages supplémentaires de chroniques de formation et d’information. Cette section, qui vient enrichir « Chrétiens toutes dimensions », est renommée « Prier et réfléchir en Église » à l’automne 2003, en même temps que s’effectue un renouvellement de la maquette de Prions et l’adoption d’un nouveau logo. Le slogan publicitaire utilisé au printemps 1999, « Dorénavant, on part avec », souligne à la fois la réalité commerciale et le souci d’éducation de la foi de Novalis. En plus de ces diverses éditions de Prions en Église et de Vie liturgique, dont nous reparlerons plus loin, deux autres périodiques en langue française sont également édités par Novalis : le Prions en Église junior qui, après une tentative en 1992-1994, est relancé en 2005; et le magazine Prière, lancé en 2003, devenu L’aventure intérieure en 2009.

Pour répondre aux attentes du marché d’expression anglaise, Novalis lance en 1985 le Sunday Missal, proposant les textes d’accompagnement de Living with Christ sous une autre forme. Le Sunday Missal a aussi été publié en Grande-Bretagne et en Australie, au début des années 1990. Quant à Living with Christ, il continue d’être une ressource appréciée au Canada anglais; une version en gros caractères a été lancée en 1994, suivant une campagne de promotion qui avait demandé aux lecteurs, l’année précédente : « Are you ready for a conversion? » (Êtes-vous prêts pour une conversion?). Depuis sa création, Living comptait des abonnés aux États-Unis, même si ce pays utilise une version des lectures bibliques différente de celle approuvée pour le Canada. Depuis 1999, Novalis publie une édition américaine de Living with Christ et, depuis 2005, du Sunday Missal, utilisant les textes bibliques approuvés pour les États-Unis. La même année commence au Canada la publication du Sunday Missal for Young Catholics.

Quelques expériences de Novalis n’ont pas eu le succès escompté. Une tentative pour rejoindre le marché mexicain est effectuée lors du lancement de la revue En el nombre del Padre, adaptation de Prions en Église, en janvier 1997. Mais les difficultés de publier à distance, dans un pays où l’économie fonctionne différemment, se révèlent trop grandes, et le dernier numéro paraît en décembre 1999. Afin de rejoindre les gens intéressés par la spiritualité mais qui ne fréquentent pas l’église de façon régulière, le magazine Words of Life est lancé en décembre 1997; il cesse de paraître en décembre 2006 sous forme périodique pour se transformer en publication annuelle.

La revue Vie liturgique, publiée depuis 1968 par le diocèse de Québec, prenait en 1976 une envergure nationale et devenait une corporation administrée par les diocèses de l’Inter-Québec. En 1994, elle a été achetée par Novalis. Comme cette revue propose depuis sa création des pistes pour l’homélie, en plus d’autre matériel liturgique, et que les abonnements à la revue homilétique Rassembler ne cessent de décliner, il devient plus efficace de combiner les ressources. En octobre 2007, Rassembler publie son dernier numéro; désormais, les membres de l’équipe de rédaction de Prions en Église rédigent également les textes des dimanches pour Vie liturgique, incluant des pistes pour l’homélie.

Quant à la revue Homiletic Service, elle change de nom en 1988 pour adopter celui de Celebrate! Ce faisant, elle changeait aussi d’orientation : tout en continuant de proposer du matériel pour les homélies de chaque dimanche, Celebrate! devenait « un magazine pastoral avec un cœur liturgique », comme il se présente lui-même. Comprenant articles de réflexion et de formation, il s’adresse à tous les intervenants liturgiques en paroisse (prêtres, lecteurs, musiciens et chanteurs, responsables de liturgies pour les jeunes) ainsi qu’aux responsables de pastorale scolaire, aux professeurs dans les écoles catholiques, et à toutes les personnes impliquées dans l’éducation de la foi. En 2008, il change de format et de présentation, offrant désormais quatre numéros de 40 pages tout en couleur. Pour célébrer son 50e anniversaire, célébré en 2011, Celebrate! offre, en plus de la revue imprimée, du contenu supplémentaire en ligne.

Livres

Pendant plus de cinquante ans, le Centre catholique devenu Novalis a eu recours aux brochures et livrets comme support de choix. Comme Prions en Église, les brochures, imprimées sur du papier journal, sont imprimées et diffusées à des milliers d’exemplaires, à faible coût. À partir des années 1980, le marché commence à se transformer; les diocèses et les paroisses cessent d’acheter en grande quantité, et de plus en plus les publications de Novalis empruntent la forme du livre, destiné aux individus, distribué à la fois par vente directe (Prions, Living et les autres périodiques fournissant une vitrine sans égale) et en librairie.

La plupart des livres offerts seront édités et publiés par Novalis, c’est-à-dire que le manuscrit est pris en charge de sa remise par l’auteur jusqu’à la vente au public. Certains titres seront réalisés en partenariat; selon le public linguistique visé, Novalis adopte des stratégies différentes. En français, les coéditions avec des maisons européennes se poursuivent, avec les Éditions du Signe, Desclée, Le Centurion, Lumen Vitae; Novalis est également partenaire de quelques ouvrages coédités avec d’autres éditeurs du Québec, notamment Fides et Éditions Paulines (devenues Médiaspaul). En anglais, depuis l’achat de « Select Educational Materials », c’est surtout la distribution de titres choisis ou du catalogue au complet qui occupe l’équipe commerciale. Dans les années 1980 s’ajouteront Wood Lake, Collins Liturgical, Bear Books; Orbis, Paulist, Crossroad, Continuum, Liturgical Press, Columba and Libreria Vaticana au cours des années 1990; puis Liguori, Loyola and Pflaum Gospel Weeklies dans les années 2000. De plus, Novalis publie des titres en coéditions avec certaines de ces maisons d’éditions. En 1997, Novalis fait l’acquisition d’une autre entreprise de distribution, Don Meakin and Associates, chargée de commercialiser les ouvrages d’une quinzaine d’éditeurs catholiques, anglicans et protestants des États-Unis et de Grande-Bretagne; sous l’égide de Novalis, le chiffre d’affaire double au cours de la première année d’exploitation de ces fonds.

Depuis 1994, Novalis est présent à la Foire du livre de Francfort. Chaque automne, ce rassemblement mondial de l’édition permet à la maison de conclure des ententes de coédition, de distribution et de vente de droits sur certains titres publiés par Novalis, qui se retrouvent parfois traduits en plusieurs langues à travers le monde.

Tout en augmentant sa production de livres, Novalis continue d’offrir des publications dans ses domaines traditionnels : ressources pastorales, liturgie et sacrements, catéchèse, Église et communautés chrétiennes. Quelques jalons importants en initiation sacramentelle et en catéchèse méritent d’être soulignés. Les débuts de la collaboration avec Jean-Paul Bérubé et Françoise Darcy-Bérubé remontent en 1982, lorsque Novalis a publié leur programme de préparation au baptême, Enfants de lumière. L’année suivante, les deux catéchètes fondaient leur propre maison d’éditions, Darber, qui sera rachetée par Novalis en 1992. Cette acquisition comprend plusieurs ouvrages de préparation aux sacrements d’eucharistie et de confirmation, qui continuent de connaître une grande diffusion tant en français qu’en anglais.

Novalis s’est toujours soucié de la transmission de la foi aux jeunes, mais avait peu de réalisations à son actif dans le domaine de l’enseignement moral et religieux catholique dispensé dans les écoles du Québec.

La situation change en 1986, alors que la maison d’éditions publie son premier ensemble de matériel scolaire pour la première année du secondaire; les premiers documents pour le primaire sont édités en 1998. Au tournant des années 2000, l’enseignement catholique disparaît des écoles, amenant les paroisses à prendre la responsabilité de la transmission de la foi aux enfants. En collaboration avec le diocèse de Saint-Jean–Longueuil et l’Office de catéchèse du Québec, Novalis publie entre 2006 et 2008 trois ensembles de la collection « Routes de Paroles », matériel tenant compte des enjeux actuels de la catéchèse au Québec. En 2007 est également réédité L’Ancien Testament et Jésus Christ racontés aux enfants, de Claude et Jacqueline Lagarde, ouvrage majeur de l’approche de la catéchèse biblique symbolique, choix pédagogique d’un certain nombre de paroisses au Canada.

Pour répondre aux besoins du marché anglophone, Novalis a distribué plusieurs programmes catéchétiques, et publié à partir de 1990 les ouvrages de l’abbé James Mulligan, en collaboration avec l’« Institute for Catholic Education » de l’Ontario. L’ouvrage Theology for Teachers, d’Ian Knox, publié en 1994 et 1999, continue d’être utilisé comme manuel de formation pour les futurs professeurs dans les écoles catholiques, à travers le Canada, de même que l’ouvrage de Margaret Lavin, What We Believe : Practical Theology for Teachers (2009, d’abord publié en 2004 sous le titre Theology for Ministry). En partenariat avec Nelson Education Ltd, Novalis a publié World Religions en 2009, le seul manuel canadien pour le cours sur les religions du monde (11e année en Ontario). En 2010 a été lancée la série 25 Questions, et Novalis a également publié plusieurs ressources sur la prière à l’intention des écoles.

Depuis 1985, d’autres champs ont fait leur apparition parmi les livres publiés par Novalis : Bible, croissance personnelle, religions et société, spiritualité et témoignages, théologie. Marquant l’ouverture de la maison à des livres de niveau universitaire et scientifique, un projet d’importance a été la publication des livres de la série L’Horizon du croyant, coédités avec Desclée. Cette collection de 18 titres, publiés entre 1988 et 1993, marque un tournant important pour Novalis qui, sans jamais abandonner l’idéal de son fondateur de rejoindre les masses, contribue par L’Horizon du croyant à une éducation de la foi plus poussée, en permettant à des universitaires reconnus d’être diffusés largement. Dans la catégorie des livres de croissance personnelle, il faut souligner le grand succès des livres de Jean Monbourquette, oblat retraité de l’Université Saint-Paul, dont les ouvrages ont été traduits en anglais et une douzaine d’autres langues à travers le monde.

Le monde de l’édition a beaucoup évolué depuis 25 ans, au rythme rapide des nouvelles technologies de l’information. Novalis, pionnier en ce domaine depuis « La Voix du Centre », a publié plusieurs titres sous forme de cassettes et de CD. Depuis 2009, certains ouvrages particulièrement populaires font l’objet d’une édition en gros caractères. Et 2010 a vu le début de la vente de livres numériques : plus de trente titres sont déjà disponibles en français, et ouvrages seront bientôt offerts en anglais.

Services

La dimension de service d’Église est demeurée au cœur de la mission de Novalis. La maison a offert ses services lors d’événements marquant particulièrement la vie de notre Église, par exemple, en publiant des éditions spéciales de Prions en Église et de Living with Christ : lors de la béatification de Mgr Louis-Zéphirin Moreau (1987); en anglais et en français pour les 100 ans de l’Oratoire Saint-Joseph (2004); pour le diocèse de London, en Ontario (2006); pour la messe de la canonisation de Frère André au Stade olympique (2010). En 2002, Novalis a été l’éditeur officiel de la Journée Mondiale de la jeunesse, célébrée à Toronto avec le pape Jean-Paul II. La tenue du Congrès eucharistique international à Québec, en 2008, a également été l’occasion de publications en plusieurs langues. Afin d’offrir à sa clientèle différents produits et services plus spécialisés, Novalis a fait l’acquisition, en 1997, de l’Annuaire de l’Église catholique au Canada (publié depuis 1983), et en 2002, d’ALPEC, organisme de création et de diffusion de musique et chants religieux, fondé en 1969.

Novalis continue de collaborer régulièrement avec les organismes épiscopaux. C’est ainsi que de 1991 à 1996 ont été publiés sept volumes de Psaumes et acclamations pour la liturgie dominicale, une initiative de l’Office national de liturgie. Poursuivant son fructueux partenariat avec l’Office de catéchèse du Québec, Novalis a publié La foi en question, 12 catéchèses pour adultes portant sur six sacrements (1989-1991), des ensembles de préparation aux sacrements, ainsi que divers documents destinés à des publics plus spécialisés : Présences : venir en aide à une personne en crise (1993); Vieillir en douce (1997); Le cœur sur la main : repères pour l’action bénévole (1998); Accompagner les adultes dans la foi et Travailler en groupe (2005).

Dans le plan stratégique qui guide ses orientations, Novalis a décidé en 2010 de revoir l’ensemble de son offre aux paroisses sous une nouvelle entité : Novalis, Service aux paroisses. On y trouve toutes les publications destinées aux paroisses de même qu’un certain nombre de services nouveaux : site Internet consacré à ce marché, cours de préparation au mariage par correspondance (racheté de l’Université Saint-Paul), partenariat avec de nombreuses organisations religieuses pour offrir des journées annuelles de formation réunissant des centaines de personnes autour de conférenciers prestigieux. S’ajoute également une offre Web, par laquelle les paroisses peuvent s’assurer d’avoir un site Internet fonctionnel et du personnel formé pour le mettre à jour au fil des besoins et des événements.

Conclusion

Le Centre Catholique, devenu Novalis, a su s’adapter et rester à l’écoute des besoins du peuple chrétien. Sans oublier les principes énoncés par son fondateur, la maison d’éditions a été capable de faire face aux changements qui ont affectés tant l’Église que la société. Fondée dans une institution bilingue, elle continue de rejoindre les membres du peuple de Dieu, en français et en anglais, et de se mettre au service des responsables des communautés chrétiennes, tout en cherchant à offrir aux femmes et aux hommes d’aujourd’hui des moyens de grandir dans leur quête spirituelle, que celle-ci se fasse à l’intérieur ou en marge de l’Église.

Son passage d’un petit centre au sous-sol de l’Université d’Ottawa au statut du plus grand éditeur religieux au Canada ne lui a jamais fait perdre de vue les plus petits, son premier public. Et c’est dans cette direction que Novalis veut continuer de progresser, afin de demeurer, d’abord et avant tout, un service. Pour ce faire, elle n’aura qu’à conjuguer la devise de la congrégation fondatrice, les Oblats de Marie Immaculée, « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres », avec celle de la congrégation des Augustins de l’Assomption, « Que ton Règne vienne ».

Claude Auger
Ottawa, décembre 2010

Bibliographie

Cum Apostolica Sedes : Centenaire de la charte pontificale 1889-1989 Université Saint-Paul, [Ottawa, Université Saint-Paul, 1989], 84 p.

André Guay, Le Centre Catholique de l’Université d’Ottawa 1935-1960, Ottawa, pro manuscripto, 1968-1970, 431 p.

Laurent Tremblay, Le père André Guay, Oblat de Marie Immaculée 1905-1981, Esquisse biographique, Montréal/Ottawa, Rayonnement, 1982, 208 p.

Documents historiques conservés aux bureaux de Novalis.